Comment choisir une carte mémoire ? (dernière mise à jour 19 août 2026)
Une carte mémoire est aujourd'hui un élément essentiel de l'équipement photo. Le choix ne se résume plus à la seule capacité : il faut également regarder le format de la carte, sa vitesse d'écriture et les besoins de votre boîtier. Entre les cartes SD et les CFexpress, les appellations UHS, V30, V60, V90 ou encore VPG peuvent rapidement devenir difficiles à comprendre. Cette page fait le point sur les principaux standards actuels et sur les critères réellement importants avant un achat.
Quel format choisir ?
Le premier réflexe est simple : vérifiez dans le manuel de votre appareil le ou les formats de cartes qu'il accepte. Une carte très rapide ne sert à rien si elle n'est pas compatible avec le boîtier. Les principaux formats rencontrés aujourd'hui sont les cartes SD et les cartes CFexpress. Les anciens formats CompactFlash, CFast et XQD existent toujours, mais ils concernent surtout des appareils plus anciens ou des usages spécifiques.
Secure Digital (SD, SDHC, SDXC, SDUC)
Les cartes SD restent de très loin les plus répandues. Le terme SD regroupe plusieurs normes : SD jusqu'à 2 Go, SDHC jusqu'à 32 Go, SDXC jusqu'à 2 To et SDUC au-delà de 2 To, même si cette dernière norme reste encore très peu courante en photographie. La SD Association distingue également plusieurs générations de bus, notamment UHS-I et UHS-II, ainsi que différentes classes de vitesse.
Pour la photo, les indications U3, V30, V60 et V90 sont particulièrement intéressantes. Le chiffre de la classe vidéo correspond à une vitesse minimale d'écriture soutenue : V30 garantit au minimum 30 Mo/s, V60 60 Mo/s et V90 90 Mo/s. Les classes V60 et V90 sont associées aux interfaces UHS-II ou UHS-III.
CFexpress Type A et Type B
Le CFexpress est devenu le standard hautes performances des boîtiers professionnels et de nombreux hybrides récents. Il utilise l'interface PCI Express et le protocole NVMe. Il existe trois formats physiques : Type A, Type B et Type C. En photographie, les deux formats réellement rencontrés sont surtout les Type A et Type B : le Type A est plus compact et notamment utilisé par Sony,
tandis que le Type B, plus grand et plus rapide, est très répandu chez Canon, Nikon, Fujifilm, Panasonic et d'autres fabricants. Le Type C existe dans la norme mais n'est actuellement utilisé par aucun appareil photo ou aucune carte grand public.
Pour les usages vidéo exigeants (mais... je suis plutôt branché photo), il faut également regarder la certification VPG (Video Performance Guarantee), qui garantit une vitesse minimale d'écriture soutenue. Une carte CFexpress peut donc être très rapide en lecture tout en étant moins adaptée à certains enregistrements si sa vitesse d'écriture soutenue n'est pas suffisante.
CompactFlash, CFast et XQD : les anciens formats
Les cartes CompactFlash (CF), CFast et XQD ne sont pas forcément inutilisables : si votre appareil les accepte, elles peuvent parfaitement continuer à fonctionner. Mais ce ne sont plus les formats à privilégier pour un nouvel équipement. La CompactFlash et la CFast sont désormais des standards hérités, tandis que le XQD a largement été remplacé par le CFexpress Type B, qui reprend le même format physique.
Comment choisir la capacité de la carte ?
La capacité nécessaire dépend surtout de votre pratique et de la taille des fichiers produits par votre appareil. Avec les boîtiers actuels de 24 à 45 mégapixels et des fichiers RAW qui peuvent facilement dépasser 25 ou 50 Mo, les petites cartes de 8 ou 16 Go ont perdu beaucoup de leur intérêt.
| Capacité | Usage photo courant | Usage intensif |
| 32 Go | Correct pour débuter ou en seconde carte | Plutôt limité en RAW |
| 64 Go | Bon compromis pour la photo | Adapté à de nombreuses sorties |
| 128 Go | Très confortable | Excellent choix pour reportage et rafale |
| 256 Go et plus | Utile surtout pour vidéo ou très gros fichiers | Intéressant pour les longues journées et la vidéo |
Il est difficile de donner un nombre universel de photos par carte : le poids d'un RAW varie selon le boîtier, la scène et le format d'enregistrement. Les indications du constructeur restent donc plus fiables qu'un tableau théorique. À titre d'exemple, le Canon EOS R3 produit des RAW d'environ 29 Mo en moyenne dans les conditions indiquées par Canon ; une carte de 128 Go permet donc déjà de travailler avec plusieurs milliers d'images RAW.
Pour un reportage, je préfère personnellement plusieurs cartes plutôt qu'une seule carte énorme. Une carte peut toujours tomber en panne, être perdue ou être endommagée. Avec deux cartes de 128 Go plutôt qu'une seule de 256 Go, on limite le risque de perdre l'intégralité d'une journée de travail en cas de problème.
La rapidité : ne pas se fier uniquement au chiffre en Mo/s
Les fabricants mettent souvent en avant la vitesse maximale en lecture, mais pour la photographie et surtout la rafale, la vitesse d'écriture est la donnée la plus importante. Une carte affichant 200 Mo/s en lecture n'est pas nécessairement capable d'écrire à cette vitesse.
Pour les cartes SD, les mentions U3, V30, V60 et V90 sont plus parlantes que les anciens coefficients du type « 300x » ou « 600x ». Ces derniers correspondent à une ancienne manière de présenter les performances et n'ont plus beaucoup d'intérêt pour choisir une carte moderne. La SD Association distingue désormais les classes de vitesse classiques, UHS, Video Speed Class et SD Express Speed Class.
Pour le CFexpress, regardez à la fois la vitesse d'écriture annoncée et, lorsque c'est nécessaire, la certification VPG. Pour un photographe qui travaille en RAW et en rafale, une carte rapide permet surtout au boîtier de vider plus rapidement son tampon et de retrouver plus vite sa cadence maximale.
Le lecteur de carte
Un bon lecteur est aujourd'hui presque aussi important que la carte elle-même. Il ne sert à rien d'acheter une carte CFexpress très rapide pour la transférer ensuite avec un lecteur limité. Pour les cartes rapides, choisissez un lecteur USB-C compatible avec les performances du support et avec votre ordinateur.
Il existe des lecteurs SD simples, des lecteurs UHS-II et des lecteurs dédiés aux CFexpress Type A ou Type B. Si vous utilisez plusieurs formats, un lecteur multi-cartes peut être pratique, mais vérifiez bien les vitesses réellement supportées par chaque emplacement.
Concrètement, quelle carte choisir pour votre boîtier ?
Un appareil photo utilisant des cartes SD
Pour un boîtier récent comme le Canon EOS R6 Mark II, qui possède deux emplacements SD compatibles UHS-II, une carte SDXC UHS-II V60 constitue un excellent compromis pour la photographie et la vidéo courante. Pour les usages vidéo les plus exigeants, une V90 peut être pertinente si le boîtier la demande.
Un boîtier professionnel comme le Canon EOS R3
L'EOS R3 accepte les cartes CFexpress Type B et les cartes SD/SDHC/SDXC UHS-I et UHS-II. Pour la photo sportive, la rafale et les modes vidéo exigeants, le CFexpress Type B est le choix logique ; Canon recommande notamment une carte CFexpress prenant en charge VPG400 pour certains enregistrements vidéo. La SD UHS-II reste une solution de secours très pratique.
Un hybride Sony récent
Les boîtiers Sony utilisant le CFexpress Type A acceptent généralement aussi les cartes SD UHS-II. Par exemple, le récent Sony Alpha 7 V possède un emplacement compatible CFexpress Type A ou SD et un second emplacement SD. Là encore, le choix dépend des modes de prise de vue utilisés.
Un ancien boîtier CompactFlash, CFast ou XQD
Si votre appareil utilise encore l'un de ces formats, vous devez évidemment rester sur le standard prévu par le constructeur. Pour un nouvel achat, en revanche, il vaut mieux privilégier un boîtier utilisant SD ou CFexpress plutôt que d'investir dans une technologie ancienne.
Quelques conseils avant d'acheter
Ne choisissez pas une carte uniquement en fonction de sa capacité ou de sa vitesse maximale affichée. Vérifiez d'abord la compatibilité avec votre boîtier, puis la vitesse d'écriture réellement nécessaire à votre usage. Pour la photo, une bonne SD UHS-II V60 suffit déjà à de très nombreux photographes ; le CFexpress devient surtout intéressant lorsque le boîtier l'exploite réellement pour la rafale ou la vidéo.
Enfin, évitez les cartes sans marque ou les offres manifestement trop belles pour être vraies. Pour un photographe professionnel, quelques dizaines d'euros économisés ne justifient pas le risque de perdre plusieurs heures de reportage. Et quelle que soit la carte choisie, une carte mémoire n'est pas une sauvegarde : dès que possible, copiez vos photos sur au moins un autre support.
Les normes et performances évoluent rapidement. Les caractéristiques indiquées ici correspondent à l'état des standards et des appareils disponibles au moment de la mise à jour de cette page, en août 2026. Vérifiez toujours la documentation de votre boîtier avant l'achat d'une carte.


















